Tintin à Cheverny : les secrets de Moulinsart

Comme vous le savez, ma petite taille me permet de me faufiler partout, et j’ai donc récemment rendu visite à Nestor, qui accueille les visiteurs à l’entrée de l’exposition « Les secrets de Moulinsart » installée dans les communs du château.
Nestor, majordome et gardien indéfectible de Moulinsart, a vécu toute l’installation de cette exposition et m’a dévoilé les circonstances dans lesquelles le capitaine Haddock et Tintin étaient revenus à Moulinsart (pardon...Cheverny).
L’histoire est connue des « tintinophiles » avertis, mais saviez-vous que c’est en consultant une brochure touristique des années 40 que Hergé s’est inspiré du château de Cheverny, dont il a supprimé les ailes, pour dessiner le château de Moulinsart. 
Il lui donne alors le nom inversé d’un village du Brabant : Sart-Moulin, situé au sud de Bruxelles, hameau connu de Hergé car sa collaboratrice, Alice Devos, avait de la famille qui y habitait. C’est ainsi que dès 1943, dans l’album Le Secret de la Licorne, le château devient le port d’attache du capitaine Haddock, de Tintin, qui délaissera son modeste appartement de Bruxelles, du professeur Tournesol et de Nestor, immuablement attaché à la demeure. (Ce n’est cependant que vers la fin de l’aventure suivante, Le Trésor de Rackham le Rouge, que l’aspect général de l’extérieur du château est dévoilé). 

Musée Tintin
Je ne vous parlerai pas de l’exposition que vous pouvez visiter (certains l’ont peut-être déjà fait), mais des circonstances qui ont amené Tintin et ses amis à investir le château de Cheverny en 2001. 
Tintin et Cheverny, c’est une double rencontre (dans les années 40 et au début du 21ème siècle) qui se termine par un mariage de raison. Ce mariage devait intervenir un jour ou l’autre, mais il fallait que l’idée fasse son chemin et c’est la rencontre entre Constance et Charles Antoine de Vibraye avec Fanny Vlamynck (veuve de Hergé) et son second mari Nick Rodwell, deux couples dépositaires de leur oeuvre respective, qui a permis de réaliser cette exposition. 
Charles Antoine de Vibraye
L’idée retenue est celle d’un parcours spectacle et les deux parties se sont partagé les rôles. La Fondation Hergé, chargée de promouvoir et protéger l’oeuvre de Hergé, s’est chargée du scénario, de la réalisation et de la mise en place de l’exposition (la mise en scène est plutôt efficace). De son côté, le Domaine de Cheverny s’est chargé de transformer les 700 m2 de greniers situés au-dessus des écuries du château en un espace entièrement climatisé, avec deux ascenseurs et dans le respect des normes de sécurité pour les locaux accueillant du public. 
Depuis son ouverture en juin 2001, l’exposition connaît un vrai succès mérité et elle a permis au Domaine de Cheverny de franchir un seuil de fréquentation qui n’est pas redescendu depuis.
Bon à savoir : lieu insolite, la Salle du Chevalier de Hadoque (comme la Salle des Trophées ou l’Orangerie) est ouverte à la location pour des réunions cocktails, séminaires...

Le Héron - La Grenouille n° 17 - Octobre 2012